2.14. «Moi aussi, je veux ce que les autres ont!»
L’âne et la chèvreUn fermier avait un âne et une chèvre. Puisque l’âne travaillait dur et portait de lourdes charges, il recevait une nourriture meilleure et plus abondante que la chèvre.Cette dernière en était jalouse et avec l’idée en tête de priver l’âne de cette faveur, ou du moins de lui porter préjudice, elle lui dit: «Écoute-moi, cher ami! Souvent, je te plains de tout mon cœur quand je te vois porter ces lourdes charges et travailler dur du matin au soir, jour après jour; c’est pour te soulager que j’aimerais te donner un conseil». «Pourquoi pas, lui répondit l’âne, je vais même te prier de le faire! - Quand tu arriveras en haut de la mine, tu n’auras qu’à te laisser tomber et faire semblant d’être blessé. Ainsi, tu pourras te reposer pendant un bon bout de temps.» L’idée plut à l’âne et quand, le lendemain, il arriva chargé au bord de la mine, il fit un faux pas et tomba la tête la première sans penser qu’il pourrait se faire très mal. Allongé, à moitié mort, il fut sorti de là et traîné tant bien que mal jusqu’à la ferme. Son maître, ne voyant pas grand-chose d’autre à faire, consulta un vétérinaire qui lui conseilla: «Pour qu’il récupère rapidement, le mieux est de lui faire avaler un poumon de chèvre frais et réduit en poudre». Puisqu’aux yeux du fermier l’âne avait plus de valeur que la chèvre, il ordonna d’abattre cette dernière sur le champ. C’est ainsi que la chèvre paya de sa vie son méchant conseil. «Les conséquences de la jalousie portent souvent préjudice aux jaloux eux-mêmes.» Ésope Les conseils de Maître Hibou
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